{"id":298,"date":"2010-11-21T01:20:38","date_gmt":"2010-11-21T01:20:38","guid":{"rendered":"http:\/\/therapiecognitive.com\/?p=298"},"modified":"2010-11-21T01:20:38","modified_gmt":"2010-11-21T01:20:38","slug":"epicure-lettre-a-menecee","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/therapiecognitive.com\/?p=298","title":{"rendered":"Epicure: Lettre \u00e0 M\u00e9n\u00e9c\u00e9e"},"content":{"rendered":"<p>Epicure \u00e0 M\u00e9n\u00e9c\u00e9e,<\/p>\n<p>M\u00eame jeune, on ne doit pas h\u00e9siter \u00e0 philosopher. Ni, m\u00eame au seuil de la vieillesse, se fatiguer de l\u2019exercice philosophique. Il n\u2019est jamais trop t\u00f4t, qui que l\u2019on soit, ni trop tard pour l\u2019assainissement de l\u2019\u00e2me. Tel, qui dit que l\u2019heure de philosopher n\u2019est pas venue ou qu\u2019elle est d\u00e9j\u00e0 pass\u00e9e, ressemble \u00e0 qui dirait que pour le bonheur, l\u2019heure n\u2019est pas venue ou qu\u2019elle n\u2019est plus. Sont donc appel\u00e9s \u00e0 philosopher le jeune comme le vieux. Le second pour que, vieillissant, il reste jeune en biens par esprit de gratitude \u00e0 l\u2019\u00e9gard du pass\u00e9. Le premier pour que jeune, il soit aussi un ancien par son sang-froid \u00e0 l\u2019\u00e9gard de l\u2019avenir. En d\u00e9finitive, on doit donc se pr\u00e9occuper de ce qui cr\u00e9e le bonheur, s\u2019il est vrai qu\u2019avec lui nous poss\u00e9dons tout, et que sans lui nous faisons tout pour l\u2019obtenir.<!--more Texte complet--><\/p>\n<p>Ces conceptions, dont je t\u2019ai constamment entretenu, garde-les en t\u00eate. Ne les perds pas de vue quand tu agis, en connaissant clairement qu\u2019elles sont les principes de base du bien vivre.<\/p>\n<p>D\u2019abord, tenant le dieu pour un vivant immortel et bienheureux, selon la notion du dieu commun\u00e9ment pressentie, ne lui attribue rien d\u2019\u00e9tranger \u00e0 son immortalit\u00e9 ni rien d\u2019incompatible avec sa b\u00e9atitude. Cr\u00e9dite-le, en revanche, de tout ce qui est susceptible de lui conserver, avec l\u2019immortalit\u00e9, cette b\u00e9atitude. Car les dieux existent : \u00e9vidente est la connaissance que nous avons d\u2019eux. Mais tels que la foule les imagine commun\u00e9ment, ils n\u2019existent pas : les gens ne prennent pas garde \u00e0 la coh\u00e9rence de ce qu\u2019ils imaginent. N\u2019est pas impie qui refuse des dieux populaires, mais qui, sur les dieux, projette les superstitions populaires. Les explications des gens \u00e0 propos des dieux ne sont pas des notions \u00e9tablies \u00e0 travers nos sens, mais des suppositions sans fondement. De l\u00e0 l\u2019id\u00e9e que les plus grands dommages sont amen\u00e9s par les dieux ainsi que les bienfaits. En fait, c\u2019est en totale affinit\u00e9 avec ses propres vertus que l\u2019on accueille ceux qui sont semblables \u00e0 soi-m\u00eame, consid\u00e9rant comme \u00e9tranger tout ce qui n\u2019est pas tel que soi.<\/p>\n<p>Accoutume-toi \u00e0 penser que pour nous la mort n\u2019est rien, puisque tout bien et tout mal r\u00e9sident dans la sensation, et que la mort est l\u2019\u00e9radication de nos sensations. D\u00e8s lors, la juste prise de conscience que la mort ne nous est rien autorise \u00e0 jouir du caract\u00e8re mortel de la vie : non pas en lui conf\u00e9rant une dur\u00e9e infinie, mais en l\u2019amputant du d\u00e9sir d\u2019immortalit\u00e9.<\/p>\n<p>Il s\u2019ensuit qu\u2019il n\u2019y a rien d\u2019effrayant dans le fait de vivre, pour qui est authentiquement conscient qu\u2019il n\u2019existe rien d\u2019effrayant non plus dans le fait de ne pas vivre. Stupide est donc celui qui dit avoir peur de la mort non parce qu\u2019il souffrira en mourant, mais parce qu\u2019il souffre \u00e0 l\u2019id\u00e9e qu\u2019elle approche. Ce dont l\u2019existence ne g\u00eane point, c\u2019est vraiment pour rien qu\u2019on souffre de l\u2019attendre ! Le plus effrayant des maux, la mort ne nous est rien, disais-je : quand nous sommes, la mort n\u2019est pas l\u00e0, et quand la mort est l\u00e0, c\u2019est nous qui ne sommes plus ! Elle ne concerne donc ni les vivants ni les tr\u00e9pass\u00e9s, \u00e9tant donn\u00e9 que pour les uns, elle n\u2019est point, et que les autres ne sont plus. Beaucoup de gens pourtant fuient la mort, soit en tant que plus grands des malheurs, soit en tant que point final des choses de la vie.<\/p>\n<p>Le sage, lui ne craint pas le fait de n\u2019\u00eatre pas en vie : vivre ne lui convulse pas l\u2019estomac, sans qu\u2019il estime \u00eatre mauvais de ne pas vivre. De m\u00eame qu\u2019il ne choisit jamais la nourriture la plus plantureuse, mais la plus go\u00fbteuse, ainsi n\u2019est-ce point le temps le plus long, mais le plus fruit\u00e9 qu\u2019il butine ? Celui qui incite d\u2019un c\u00f4t\u00e9 le jeune \u00e0 bien vivre, de l\u2019autre le vieillard \u00e0 bien mourir est un niais, non tant parce que la vie a de l\u2019agr\u00e9ment, mais surtout parce que bien vivre et bien mourir constituent un seul et m\u00eame exercice. Plus stupide encore celui qui dit beau de n\u2019\u00eatre pas n\u00e9, ou \u00ab sit\u00f4t n\u00e9, de franchir les portes de l\u2019Had\u00e8s \u00bb.<\/p>\n<p>S\u2019il est persuad\u00e9 de ce qu\u2019il dit, que ne quitte-t-il la vie sur-le-champ ? Il en a l\u2019imm\u00e9diate possibilit\u00e9, pour peu qu\u2019il le veuille vraiment. S\u2019il veut seulement jouer les provocateurs, sa d\u00e9sinvolture en la mati\u00e8re est d\u00e9plac\u00e9e.<\/p>\n<p>Souvenons-nous d\u2019ailleurs que l\u2019avenir, ni ne nous appartient, ni ne nous \u00e9chappe absolument, afin de ne pas tout \u00e0 fait l\u2019attendre comme devant exister, et de n\u2019en point d\u00e9sesp\u00e9rer comme devant certainement ne pas exister.<\/p>\n<p>Il est \u00e9galement \u00e0 consid\u00e9rer que certains d\u2019entre les d\u00e9sirs sont naturels, d\u2019autres vains, et que si certains des d\u00e9sirs naturels sont n\u00e9cessaires, d\u2019autres ne sont seulement que naturels. Parmi les d\u00e9sirs n\u00e9cessaires, certains sont n\u00e9cessaires au bonheur, d\u2019autres \u00e0 la tranquillit\u00e9 durable du corps, d\u2019autres \u00e0 la vie m\u00eame. Or, une r\u00e9flexion irr\u00e9prochable \u00e0 ce propos sait rapporter tout choix et tout rejet \u00e0 la sant\u00e9 du corps et \u00e0 la s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 de l\u2019\u00e2me, puisque tel est le but de la vie bienheureuse. C\u2019est sous son influence que nous faisons toute chose, dans la perspective d\u2019\u00e9viter la souffrance et l\u2019angoisse. Quand une bonne fois cette influence a \u00e9tabli sur nous son empire, toute temp\u00eate de l\u2019\u00e2me se dissipe, le vivant n\u2019ayant plus \u00e0 courir comme apr\u00e8s l\u2019objet d\u2019un manque, ni \u00e0 rechercher cet autre par quoi le bien, de l\u2019\u00e2me et du corps serait combl\u00e9. C\u2019est alors que nous avons besoin de plaisir : quand le plaisir nous torture par sa non-pr\u00e9sence. Autrement, nous ne sommes plus sous la d\u00e9pendance du plaisir.<\/p>\n<p>Voil\u00e0 pourquoi nous disons que le plaisir est le principe et le but de la vie bienheureuse. C\u2019est lui que nous avons reconnu comme bien premier et cong\u00e9nital. C\u2019est de lui que nous recevons le signal de tout choix et rejet. C\u2019est \u00e0 lui que nous aboutissons comme r\u00e8gle, en jugeant tout bien d\u2019apr\u00e8s son impact sur notre sensibilit\u00e9.<\/p>\n<p>Justement parce qu\u2019il est le bien premier et n\u00e9 avec notre nature, nous ne bondissons pas sur n\u2019importe quel plaisir : il existe beaucoup de plaisirs auxquels nous ne nous arr\u00eatons pas, lorsqu\u2019ils impliquent pour nous une avalanche de difficult\u00e9s. Nous consid\u00e9rons bien des douleurs comme pr\u00e9f\u00e9rables \u00e0 des plaisirs, d\u00e8s lors qu\u2019un plaisir pour nous plus grand doit suivre des souffrances longtemps endur\u00e9es. Ainsi tout plaisir, par nature, a le bien pour intime parent, sans pour autant devoir \u00eatre cueilli. Sym\u00e9triquement, toute esp\u00e8ce de douleur est un mal, sans que toutes les douleurs soient \u00e0 fuir obligatoirement. C\u2019est \u00e0 travers la confrontation et l\u2019analyse des avantages et d\u00e9savantages qu\u2019il convient de se d\u00e9cider \u00e0 ce propos. A certains moments, nous r\u00e9agissons au bien selon les cas comme \u00e0 un mal, ou inversement au mal comme \u00e0 un bien.<\/p>\n<p>Ainsi, nous consid\u00e9rons l\u2019autosuffisance comme un grand bien : non pour satisfaire \u00e0 une obsession gratuite de frugalit\u00e9, mais pour que le minimum, au cas o\u00f9 la profusion ferait d\u00e9faut, nous satisfasse. Car nous sommes intimement convaincus qu\u2019on trouve d\u2019autant plus d\u2019agr\u00e9ments \u00e0 l\u2019abondance qu\u2019on y est moins attach\u00e9, et que si tout ce qui est naturel est plut\u00f4t facile \u00e0 se procurer, ne l\u2019est pas tout ce qui est vain. Les nourritures savoureusement simples vous r\u00e9galent aussi bien qu\u2019un ordinaire fastueux, sit\u00f4t \u00e9radiqu\u00e9e toute la douleur du manque : pain et eau dispensent un plaisir extr\u00eame, d\u00e8s lors qu\u2019en manque on les porte \u00e0 sa bouche. L\u2019accoutumance \u00e0 des r\u00e9gimes simples et sans faste est un facteur de sant\u00e9, pousse l\u2019\u00eatre humain au dynamisme dans les activit\u00e9s n\u00e9cessaires \u00e0 la vie, nous rend plus aptes \u00e0 appr\u00e9cier, \u00e0 l\u2019occasion, les repas luxueux et, face au sort, nous immunise contre l\u2019inqui\u00e9tude.<\/p>\n<p>Quand nous parlons du plaisir comme d\u2019un but essentiel, nous ne parlons pas des plaisirs du noceur irr\u00e9cup\u00e9rable ou de celui qui a la jouissance pour r\u00e9sidence permanente &#8211; comme se l\u2019imaginent certaines personnes peu au courant et r\u00e9ticentes \u00e0 nos propos, ou victimes d\u2019une fausse interpr\u00e9tation &#8211; mais d\u2019en arriver au stade o\u00f9 l\u2019on ne souffre pas du corps et ou l\u2019on n\u2019est pas perturb\u00e9 de l\u2019\u00e2me. Car ni les beuveries, ni les festins continuels, ni les jeunes gar\u00e7ons ou les femmes dont on jouit, ni la d\u00e9lectation des poissons et de tout ce que peut porter une table fastueuse ne sont \u00e0 la source de la vie heureuse : c\u2019est ce qui fait la diff\u00e9rence avec le raisonnement sobre, lucide, recherchant minutieusement les motifs sur lesquels fonder tout choix et tout rejet, et chassant les croyances \u00e0 la faveur desquelles la plus grande confusion s\u2019empare de l\u2019\u00e2me.<\/p>\n<p>Au principe de tout cela, comme plus grand bien : la prudence. Or donc, la prudence, d\u2019o\u00f9 sont issues toutes les autres vertus, se r\u00e9v\u00e8le en d\u00e9finitive plus pr\u00e9cieuse que la philosophie : elle nous enseigne qu\u2019on ne saurait vivre agr\u00e9ablement sans prudence , sans honn\u00eatet\u00e9 et sans justice, ni avec ces trois vertus vivre sans plaisir. Les vertus en effet participent de la m\u00eame nature que vivre avec plaisir, et vivre avec plaisir en est indissociable.<\/p>\n<p>D\u2019apr\u00e8s toi, quel homme surpasse en force celui qui sur les dieux nourrit des convictions conformes \u00e0 leurs lois ? Qui face \u00e0 la mort est d\u00e9sormais sans crainte ? Qui a perc\u00e9 \u00e0 jour le but de la nature, en discernant \u00e0 la fois comme il est ais\u00e9 d\u2019obtenir et d\u2019atteindre le \u00ab\u00a0summum\u00a0\u00bb des biens, et comme celui des maux est bref en dur\u00e9e ou en intensit\u00e9 ; s\u2019amusant de ce que certains mettent en sc\u00e8ne comme la ma\u00eetresse de tous les \u00e9v\u00e9nements \u2013 les uns advenant certes par n\u00e9cessit\u00e9, mais d\u2019autres par hasard, d\u2019autres encore par notre initiative \u2013, parce qu\u2019il voit bien que la n\u00e9cessit\u00e9 n\u2019a de comptes \u00e0 rendre \u00e0 personne, que le hasard est versatile, mais que ce qui vient par notre initiative est sans ma\u00eetre, et que c\u2019est chose naturelle si le bl\u00e2me et son contraire la suivent de pr\u00e8s (en ce sens, mieux vaudrait consentir \u00e0 souscrire au mythe concernant les dieux, que de s\u2019asservir aux lois du destin des physiciens naturalistes : la premi\u00e8re option laisse entrevoir un espoir, par des pri\u00e8res, de fl\u00e9chir les dieux en les honorant, tandis que l\u2019autre affiche une n\u00e9cessit\u00e9 inflexible). Qui t\u00e9moigne, disais-je, de plus de force que l\u2019homme qui ne prend le hasard ni pour un dieu, comme le fait la masse des gens (un dieu ne fait rien de d\u00e9sordonn\u00e9), ni pour une cause fluctuante (il ne pr\u00e9sume pas que le bien ou le mal, artisans de la vie bienheureuse, sont distribu\u00e9s aux hommes par le hasard, mais pense que, pourtant, c\u2019est le hasard qui nourrit les principes de grands biens ou de grands maux) ; l\u2019homme convaincu qu\u2019il est meilleur d\u2019\u00eatre d\u00e9pourvu de chance particuli\u00e8re tout en raisonnant bien que d\u2019\u00eatre chanceux en d\u00e9raisonnant ; l\u2019id\u00e9al \u00e9tant \u00e9videmment, en ce qui concerne nos actions, que ce qu\u2019on a jug\u00e9 \u00ab bien \u00bb soit ent\u00e9rin\u00e9 par le hasard.<\/p>\n<p>A ces questions, et \u00e0 toutes celles qui s\u2019y rattachent, r\u00e9fl\u00e9chis jour et nuit pour toi-m\u00eame et pour qui est semblable \u00e0 toi, et jamais tu ne seras troubl\u00e9 ni dans la veille ni dans tes r\u00eaves, mais tu vivras comme un dieu parmi les humains. Car il n\u2019a rien de commun avec un animal mortel, l\u2019homme vivant parmi des biens immortels.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Epicure \u00e0 M\u00e9n\u00e9c\u00e9e, M\u00eame jeune, on ne doit pas h\u00e9siter \u00e0 philosopher. Ni, m\u00eame au seuil de la vieillesse, se fatiguer de l\u2019exercice philosophique. Il n\u2019est jamais trop t\u00f4t, qui que l\u2019on soit, ni trop tard pour l\u2019assainissement de l\u2019\u00e2me. Tel, qui dit que l\u2019heure de philosopher n\u2019est pas venue ou qu\u2019elle est d\u00e9j\u00e0 pass\u00e9e, [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[2,12],"tags":[72],"class_list":["post-298","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-abc","category-textes-fondamentaux","tag-epicure"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/therapiecognitive.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/298","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/therapiecognitive.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/therapiecognitive.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/therapiecognitive.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/therapiecognitive.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=298"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/therapiecognitive.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/298\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/therapiecognitive.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=298"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/therapiecognitive.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=298"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/therapiecognitive.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=298"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}